Kawasaki W800

Parmi les modèles neufs qui se prêtent le mieux à la préparation, il va sans dire que la W800 reste la plus adaptée. Kawasaki mêle ici astucieusement nostalgie et technologie moderne, et seuls quelques accessoires bien choisis transformeront sans forcer la néo-rétro en Japonaise de caractère.

Kawasaki W800

Apparue à la fin des années 1990, la W650 de Kawasaki se destinait aux motards nostalgiques d’une époque révolue. Si elle demeure une excellente base de préparation, en neuf, il est facile de se rabattre sur la W800. Toute de chromes vêtue, la belle plaît malgré quelques avancées technologiques généralement peu appréciées des puristes, à l’image de l’injection et, en toute logique, de la suppression du kick. Des points qui n’ont pas empêché la W800 d’être l’une des meilleures ventes du constructeur l’année de son lancement. La Japonaise adopte un look classique mêlant garde-boue chromés, fourche à soufflets, feu rond à l’avant, longue selle moelleuse ou encore jantes à rayons chromées. Le réservoir est la pièce maîtresse, par sa forme rondouillarde, avec sa peinture travaillée à l’ancienne bicolore avec des filets, des grips pour les genoux et un magnifique badge W en relief, on pourrait croire qu’il a été chiné dans une bourse aux pièces. C’est beau, ça brille de partout, ça flatte l’égo ! Et ce n’est pas le bloc bicylindre vertical de 773 cm3 aux carters scintillants qui va nous faire dire le contraire, d’autant que ce dernier dispose d’une double ligne d’échappement au look et à la sonorité plutôt flatteurs.

Kawasaki W800

A l’ancienne

Kawa joue à fond la carte du vintage, et ce jusque dans la position de pilotage puisqu’on est très droit, confortablement installé sur la longue selle moelleuse, les jambes relativement écartées, presque trop pour les grands gabarits. Sur le large guidon, pas de saute-vent mais un joli double compteur rond à aiguille, et des commodos à l’ancienne. C’est basique de chez basique, en même temps, c’est un peu ce que l’on recherche ! Kawasaki justifie cela en présentant la belle comme une alternative aux motos modernes de plus en plus complexes, il fallait oser. Les premiers tours de roue donnent l’impression que l’on a toujours piloté cette machine. Le bicylindre vertical se montre, toutes proportions gardées bien sûr, assez coupleux et suffisamment rageur dans les tours pour s’imposer en ville. D’ailleurs il surprend toujours les voisins au démarrage, un peu moins lorsqu’il est lancé…  La néo-rétro est de toute façon pensée pour la balade, et en soit elle ne déçoit pas. Le frein à simple disque à l’avant permettra au pilote de tester ses aptitudes…au rétrogradage ! C’est un des points à prendre en compte, la W800 freine sûrement mieux quand on y met les pieds.

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Easy rider

Pensée comme une machine classique plutôt qu’en café racer, la W est très agréable à piloter, notamment sur les petites routes. Les suspensions sont elles aussi pensées dans un esprit de balade, ni trop raides ni trop molles, mais inutile de tenter de prendre de l’angle à la Marquez, d’autant que les pneus sont certes jolis mais peu efficaces en terme de grip. Kawa a joué la carte de la moto à l’ancienne sur la plupart des points, reste un caractère moteur qui pourrait se montrer un peu moins en retrait mais qui ne manque pas d’allonge car rares sont les machines néo-rétro du marché qui bénéficient d’une telle vitesse de pointe. On a alors tendance à réduire l’allure pour palier les louvoiements de la fourche car qu’on se le dise, la partie-cycle n’est pas vraiment étudiée pour la conduite musclée. Dans cette livrée, inutile de préciser que la W800 se prête à merveille à un autre jeu, celui de la transformation. Sur ce point, la firme japonaise a déjà pris les devants, et propose un pack Café Style comprenant une tête de fourche et une selle mono pour 800 euros supplémentaires. Il ne reste plus qu’à installer des guidons bracelets et des échappements spécifiques, et le tour est joué ! En ce qui nous concerne, on la préfère basique, surtout dans ce coloris, car elle fait preuve d’une certaine allure que l’on ne retrouve que sur les modèles d’antan restaurés. Cette année, Kawsaki propose aussi la Special Edition, toute de noir vêtue, pour les rebelles soft, à partir de 8 899 euros.

Kawasaki W800

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Fiche technique

Kawasaki W800

Moteur : Bicylindre vertical, 4 temps, refroidissement par air
Distribution : Simple arbre à cames en tête, 8 soupapes
Cylindrée : 773 cm3
Alésage x course : 77 x 83 mm
Ratio de compression : 8,4:1
Alimentation : Injection
Couple maxi : 60 Nm à 2 500 tr/min
Embrayage : Multi-disques à bain d’huile
Transmission finale : Par chaîne
Boîte : 5 rapports
Cadre : Double berceau en acier à haute densité
Suspension AV : Fourche télescopique de diam. 39 mm, déb. 130 mm
Suspension AR : Double amortisseur réglable en précharge, déb. 106 mm
Frein AV : Simple disque de 300 mm avec étrier à double piston
Frein AR : Tambour de 160 mm
Pneu AV : 100/90 R 19
Pneu AR : 130/80 R 18
Angle de chasse / Chasse : 27° / 108 mm
Empattement : 1 465 mm
Hauteur de selle : 790 mm
Capacité du réservoir : 14 l
Poids tous pleins faits : 217 kg
Prix : 8 599 euros

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Le reste de la gamme W16EJ800A_40ABLK2DRF2CG_C

W800 Special Edition

Bicylindre vertical, 4 temps, refroidissement par air
Cylindrée : 773 cm3
Puissance maxi 48 ch à 6 500 tr/min
Couple maxi : 60 Nm à 2 500 tr/min
Poids tous pleins faits : 217 kg ; Prix : 8 999 euros.


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Photos : DR

Denver

Animé par la passion du journalisme depuis une quinzaine d'années, Denver est rédacteur en chef d'un magazine sur la moto de caractère, journaliste-essayeur dans l'auto et fondateur du webzine Denver's Garage.

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