Husqvarna Svartpilen 701 – Darth vader !

La firme d’origine suédoise Husqvarna a su intelligemment s’imposer sur le marché néo-rétro. Ses modèles Vitpilen et Svartpilen, comprenez flèche blanche et flèche noire, sont des motos de caractère au look de racer et de scrambler dépouillés mais dotés de technologies bien modernes. Dernière en date, la Svartpilen 701, tracker tout de noir vêtu, offre un look brut sans négliger l’agrément de pilotage.

Texte : Denver – Photos : DR

Lorsqu’on évoque Husqvarna, on pense moto suédoise, cross et enduro. Or depuis peu, le constructeur, dorénavant sous le giron de l’Autrichien KTM, s’est attaqué au marché routier, et pas par n’importe quel biais, celui du néo-rétro. Le concept est simple : développer deux modèles partageant la même base, avec des mécaniques similaires, mais au look et à l’usage différents. On a ainsi la Vitpilen, ou flèche blanche, qui joue la carte du racer, et la Svartpilen, la flèche noire, qui joue le rôle de scrambler. Ces modèles sont tous deux équipés d’un monocylindre et proposés en deux cylindrées, environ 400 et 700 cm3. Dernière en date, la Svartpilen 701, vient compléter la gamme avec un style orienté flat-track. Du point de vue de l’esthétique c’est clairement réussi, la ligne générale est relativement droite avec un feu avant habillé, un guidon, un réservoir anguleux, une selle très fine qui se termine en bec dans le même axe. Seul le bloc compteur rond, proéminent, vient casser la ligne, trônant fièrement sur le dessus du phare.

Affinée à souhait, la Svartpilen ne s’encombre pas du superflu. Exit les éléments de carénage jugés inutiles, ici on se concentre sur l’essentiel comme la mécanique. Saillant, le cadre en treillis tubulaire fait dans ce sens la part belle au bloc monocylindre à refroidissement liquide de 692,7 cm3 hérité de la cousine Super Duke de KTM. Lors de la mise en route, difficile d’imaginer que ce petit bloc de 75 ch est une vraie usine à sensations. Le bruit de crécelle qu’il dégage donne plutôt lieu à un rictus moqueur, qui se transforme vite en un sourire franc lorsque le rythme s’accélère par la suite. Les premiers tours de roue effectués en centre-ville de Lisbonne au Portugal, où se déroule notre essai, sont très naturels. Le gabarit restreint et le poids contenu conjugués à une position idéale avec un guidon assez large rendent la moto très maniable. La suspension est plutôt ferme et le confort de la selle peu engageant. Les accélérations sont franches malgré un système ride-by-wire bienvenu, on a clairement un jouet entre les mains qui ne demande qu’à pointer son nez vers le ciel dès qu’on tire sur le guidon. Les passages de rapport se font sans difficulté grâce à un quickshifter up&down qui permet de se passer du levier d’embrayage en roulant. Un vrai luxe pour une moto au style si « roots », c’est d’ailleurs cette combinaison d’oxymores qui définit le mieux la Svartpilen, en atteste la partie-cycle.

Lorsque le rythme s’accélère, difficile de ne pas tenter de repousser le jouet dans ses retranchements et contre toute attente, il y a du répondant. Le gros mono est assez coupleux et l’allonge plutôt bluffante. Les rapports s’enchainent sans difficulté jusqu’à atteindre rapidement des vitesses prohibées. En complément d’une grande rigidité du cadre, la partie-cycle ultra-soignée fait le job. La suspension signée WP, entièrement réglable à l’avant comme à l’arrière offre un comportement dynamique surprenant, dommage que la monte pneumatique typée mixte ne suive pas et on remercie Husqvarna dans certaines situations d’avoir pensé à adopter un système de contrôle de traction. Le freinage offre quant à lui un mordant impressionnant malgré un simple disque à l’avant, c’est puissant et efficace. En dernier recours, un ABS Bosch de dernière génération se déclenche, et les plus joueurs seront heureux de savoir qu’il est déconnectable. Lookée, facile à prendre en main, ultra-joueuse, la Svartpilen se montre comme étant le jouet idéal en ville comme sur les petites routes.

Prix : 10 390 euros.

Denver

Animé par la passion du journalisme depuis une quinzaine d'années, Denver est rédacteur en chef d'un magazine sur la moto de caractère, journaliste-essayeur dans l'auto et fondateur du webzine Denver's Garage.

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